Semestre 1/ méthodes des sciences sociales et juridiques
Droit en français/ Professeur Hassan Zouaoui
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Les axes de ce cours sont :
1- Les caractéristiques des sciences sociales
2- Les disciplines des sciences sociales
3- Les théories des sciences sociales
4- La méthode de la recherche en sciences sociales
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Séance 1
• Qu’est-ce que la science ?
Elle est dérivée du latin classique scientia qui signifie connaissance, et plus particulièrement connaissance scientifique. Et scientia vient de sciens, c'est-àdire «qui sait», «instruit», «habile».
Quant aux définitions actuelles du mot « science », ce terme désigne un :
1-«ensemble de connaissances, d’études d’une valeur universelle, caractérisées par un objet et une méthode déterminés, et fondées sur des relations objectives vérifiables.» (Le petit robert).
2-«ensemble cohérent de connaissances relatives à une certaine catégorie de faits, d’objets ou de phénomènes.» (Larousse)
C’est pourquoi on admet que le savoir scientifique est celui qui a fait ses
preuves, il n’y a pas de place en science pour les opinions personnelles, les
goûts, les spéculations de l’imagination. Ainsi Karl Jaspers affirme que la
science est « la connaissance méthodique dont le contenu est à la fois certain et
universellement valable ».
L’expérience scientifique est indépendante de la personne qui la mène. Elle est
dite objective ou impersonnelle. Elle est en accord avec la réalité observée et les
autres connaissances confirmées. Autrement dit, pour parvenir à l’esprit
scientifique il est donc indispensable d’éliminer de la connaissance les
projections psychologiques spontanées. L’esprit scientifique, apparait ici comme
un esprit de soumission au fait expérimental.
En fait, le savant ne veut pas seulement connaître, il veut aussi comprendre.
Cette volonté de compréhension qui anime l’esprit scientifique repose sur un
esprit critique et de rigueur intellectuelle. C’est pourquoi le savant doit éviter
les affirmations rapides. La science semble avoir sa source dans la connaissance
objective que l’homme prend du monde pour pouvoir agir sur lui.
Remarques :
On peut définir la science comme une connaissance objective, c'est-à-dire
expérimentale, car c’est grâce à l’expérience que la science devient très positive.
La science puise ses arguments dans l’expérience. En d’autres termes, la science
est un ensemble de connaissances argumentées et basées sur des preuves
matérielles fournies par l’expérience. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas
concevoir la science en dehors de son lien complémentaire avec l’expérience.
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Cette dernière devient le moyen par lequel le chercheur ou savant peut expliquer
les phénomènes du monde.
La compréhension est l’objectif principal de la science. Mais la compréhension
suppose une distance établie entre le chercheur et son objet d’étude. Le savant
ou le chercheur doit contrôler son engagement dans le travail scientifique pour
éviter toute implication subjective. D’autant que l’objectivité est la condition
indispensable à la réussite de n’importe quel travail scientifique.
• Sciences « exactes » et sciences « inexactes » :
Le terme de sciences « exactes » s’oppose aux sciences humaines et aux
sciences sociales. Les sciences exactes regroupent :
1. Les sciences de la nature : chimie, physique, biologie, physique…
2. Les sciences formelles : mathématique, informatique, géométrie…
Les sciences exactes sont plus précises. En effet, dans ces sciences on peut avoir
des résultats chiffrés et avoir des théories ne contenant aucune ambigüité.
En revanche, les sciences humaines et sociales semblent exclues de la sphère des
sciences exactes, puisqu’il semble impossible d’établir des lois nécessaires entre
les actions des hommes et leurs effets et donc de prédire avec «exactitude» les
comportements humains. L’objet des sciences humaines et des sciences sociales
ne répond pas au déterminisme absolu ou exact qui régit les phénomènes
naturels.
Remarques :
La différence entre science exacte et science inexacte nous conduit à insister sur
l’exactitude des résultats obtenus par les sciences exactes. La notion
d’exactitude renvoie à la capacité des sciences exactes à prévoir leurs résultats.
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En revanche, les sciences sociales et humaines sont inexactes parce qu’elles ne
sont pas capables de prévoir leurs résultats avec « exactitude », car leur objet
(l’homme et la société) est insaisissable et fluctuant.
· L’épistémologie
Le terme épistémologie a été forgé par le métaphysicien James Frederick
Ferrier (1808-1864) pour désigner une théorie de la connaissance.
Ce terme est construit à partir des termes grecs épistémè (connaissance
théorique, savoir) et logos (discours rationnel, langage, jugement).
Le terme épistémologie est employé pour désigner deux choses différentes : Une
théorie générale de la connaissance humaine, scientifique et non scientifique. Et
une théorie de la connaissance scientifique, ou encore comme la philosophie
des sciences. C’est cette seconde définition, plus restreint qui nous intéresse.
L’épistémologie s’intéresse principalement aux trois questions suivantes :
Qu’est-ce que la connaissance ? Comment est-elle élaborée ? Comment justifier
le caractère valable d’une connaissance ? Ainsi, le questionnement
épistémologique est devenu indissociable de la pratique de la recherche
scientifique.
Remarques :
L’épistémologie est l’étude de la connaissance scientifique en générale. Elle est
aussi le gendarme de la science parce que son rôle est de vérifier l’objectivité de
la connaissance et son degré de scientificité. Ainsi, l’épistémologie est l’étude
critique la connaissance scientifique. Cette critique peut porter sur plusieurs
aspects : les fondements scientifiques de la connaissance, sa validité, son
objectivité.
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L’épistémologie a un effet directe sur l’évolution de la science parce qu’elle a
pour but de mettre en valeur la connaissance scientifique.
• Définition d’une théorie scientifique
La théorie est une construction intellectuelle, hypothétique et synthétique,
organisée en système et vérifiée par un protocole expérimental.
La finalité d'une théorie est d'expliquer la réalité étudiée: elle vise à nous faire
comprendre la réalité étudiée. On pourrait dire qu'une théorie est scientifique
lorsqu'elle implique une démarche de vérification systématique de la réalité étudiée.
Remarques :
C’est grâce à la théorique scientifique que le chercheur ou savant peut avoir le
pouvoir d’agir sur son objet d’étude. Il importe de souligner à cet égard, que
l’objectif de la théorie scientifique est d’aider le chercheur/savant à expliquer la
réalité sociale selon un cadre théorique qui détermine sa démarche d’explication.
La théorie fournit un système de prédiction, c'est-à-dire permet au chercheur de
trouver des réponses aux questions posées.
Séance 2
· Qu’est-ce qu’on entend par sciences sociales ?
Ce sont des sciences qui ont l’homme et ses activités sociales
pour objet d’étude. Les sciences sociales visent à produire et développer
une connaissance ‘’objective’’ de la réalité sociale sur la base de découvertes
empiriques par opposition aux spéculations et par opposition à toute
connaissance préétablie. Elles cherchent à se distinguer des savoirs
philosophiques et religieux.
Remarques
·
Les sciences sociales sont nées avec l’ambition de produire un
savoir qui ait la même validité que le savoir produit par les sciences exactes. Ainsi, les sciences sociales ont adopté une démarche analogue°
(équivalent, semblable, similaire,
proche) à celle qui avait fait le succès des sciences physiques et
biologiques. Elles expliquent les phénomènes en fonction d’une causalité,
c'est-à-dire « tout fait à une cause ».
·
Les sciences sociales ont appliqué les principes du positivisme, qui
a fait de l’expérience
la condition indispensable à la mise en place d’une connaissance objective. En
fait, les sciences sociales sont très utiles pour comprendre et surmonter les problèmes propres à la société.
·
Les
sciences sociales sont-elles utiles ?
L’émergence des sciences sociales constitue un bouleversement au
sein de la pensée occidentale. Elle témoigne du passage de la pensée
magico-métaphysique à la réflexion scientifique sur la société et l’individu.
Ainsi, les changements et les mutations socio-économiques subies par les
sociétés occidentales le XIXème siècle et au début du XXème siècle ont
déstabilisé un fonctionnement de la société fondée sur la tradition et la
religion.
Ces mutations ont permis aux sociétés occidentales d’entrer dans «
l’ère (عصر) de la
modernité » et à la science de remplacer la religion sous ses différentes
formes comme moyen d’expliquer des phénomènes sociaux. Il s’est donc imposé à
nous que pour mieux rendre intelligible° (visible) l’utilité des sciences sociales, il
fallait tenir compte des conditions socio-historiques qui ont accompagné la
genèse الأصل des sciences sociales.
On dit souvent que les sciences sociales sont « la fille des révolutions ». Par «
révolutions », on désigne sur le plan politique la révolution française et, sur
le plan économique la révolution industrielle.
En réalité, la révolution française et la révolution industrielle ont
marqué une véritable rupture par les conséquences qu’elles engendrent. Elles
sonnent le glas° (Le glas est la
sonnerie de cloche signalant l'agonie, la mort ou les obsèques d'une personne,
dans la tradition catholique et orthodoxe. ) d’une
société traditionnelles dont la cohésion sociale reposait sur la famille, la
terre, la communauté villageoise, l’église. Un nouvel ordre social doit
s’instaurer, de nouvelles solidarités sociales doivent prendre le relais, un
nouveau « vivre ensemble » doit avoir le jour. Tels seront les objectifs que se
fixeront les précurseurs et les fondateurs des sciences sociales.
Il en découle que les sciences sociales ont pris une place considérable dans la société
occidentale. Leur point de départ est d’aider l’homme à se servir de sa raison
pour comprendre et contrôler la société. Elles s’occupent des problèmes d’une «
société » moderne à laquelle appartient quiconque réfléchit sur elle et
l’étudie.
Une des tâches essentielles de sciences sociales est de garder visible ce qui a tendance à redevenir
invisible. Force de rappeler que les sciences sociales s’opposent aux explications « enchantées »,
c'est-à-dire mythiques°أسطوري, religieux, superstitieuses° مؤمن بالخرافات etc. Elles désenchantent° الاستياء, c'est-à-dire critiquent le monde social.
Remarques
·
Les sciences sociales prennent un véritable essor° إنطلاق dans un moment historique particulier
marqué par le besoin de la société occidentale d’une science qui encadre
rationnellement son évolution économique et sociale. L’utilité des sciences
sociales consiste ainsi dans la façon dont elles agissent sur la réalité
sociale. D’autant que les problèmes
induits par la révolution industrielle et les révolutions politiques (par
exemple la révolution française) méritent une analyse scientifique et objective,
pour permettre à la société occidentale d’identifier ses phénomènes sociaux.
·
Force est de rappeler que la société occidentale ne devient moderne que grâce à la science, notamment les
sciences sociales qui lui offrent des solutions scientifiques pour sortir des
ténèbres de l’ignorance.
·
En effet, les sciences sociales ont une valeur fonctionnelle pour la
société. Autrement dit, leur rôle est de fournir des solutions scientifiques
aux problèmes de la société, parce que les sciences sociales naissent non
seulement de la volonté de décrire la vie sociale, mais également d’apporter
des réponses aux troubles sociaux.
·
Sciences
humaines et sciences sociales
Il impose de souligner la distinction établie entre sciences
sociales et sciences humaine est dépassée parce que tout ce qui humain est par
définition social. Les chercheurs disent aujourd’hui « science de l’homme et de
la société » pour souligner l’interdépendance féconde entre science sociales et
sciences humaines.
Les affinités entre sciences sociales et sciences humaine sont
fréquentes. La psychologie
sociale en constitue la meilleure illustration. C’est une discipline charnière
entre la sociologie et la psychologie. Elle étudie l’individu
(comportements, attitudes, opinions…) dans son environnement social, c'est-à-dire
influencé par son appartenance à une société.
Remarques
·
Nous plaidons en faveur d’une « association ou coopération »
scientifique entre les deux sciences (c'est-à-dire sciences sociales et
sciences humaines) pour traiter les problèmes de la société et de l’homme. Parce que les problèmes des sociétés modernes
exigent une analyse croisée, c'est-à-dire une analyse qui fait appel aux
théories des sciences sociales et des sciences humaines
·
Par exemple pour étudier la violence sociale, il faut évoquer plusieurs
causes explicatives de ce phénomène. Son étude suppose en effet « la
coopération scientifique » entre l’approche sociologique et l’approche psychologique.
·
Le
statut scientifique des sciences sociales
Les sciences sociales sont-elles vraiment scientifiques ? En quoi
consiste le fait d’être « scientifique » ?
L’approche expérimentale appliquée par les sciences sociales aux
faits sociaux s’est développée sous l’influence de plusieurs facteurs comme :
o
Les
progrès de l’esprit scientifique.
o
Pour
devenir des sciences, les sciences sociales n’ont pas à déterminer « ce qui
doit être », mais à connaître « ce qui est ».
o
La
raison s’est transformée en tribunal devant lequel doit se justifier ce qui,
d’une façon générale, prétend à une validité scientifique.
Remarques :
·
En établissant une rupture avec la logique philosophique qui
s’intéresse à ce qui doit être, les sciences sociales mettent l’accent sur la
compréhension comme règle générale déterminant sa démarche d’explication. Car
le rôle des sciences sociales est de rendre visible ce qui est invisible,
c'est-à-dire expliquer les causes cachées des phénomènes sociaux.
·
Cependant, le caractère scientifique des sciences sociales butte sur
une aporie épistémologique. C’est celle
qui porte essentiellement sur la nature de son objet. Ce dernier est fluctuant
et insaisissable.
·
Il en découle que les résultats obtenus par les sciences
sociales sont instables, car il est impossible de prédire avec « exactitude »
les comportements humains.
·
Aussi, ce n’est pas facile pour le chercheur en sciences sociales,
de rester constamment objectif puisque son appartenance à la société pourrait
l’éloigner de l’objectivité. L’essentiel est que le statut des sciences sociales reste marqué par ces éléments qui confirment
leur caractère inexact.
On trouve l’intention de fonder une science sociale ‘’objective’’
chez plusieurs penseurs occidentaux
comme :
·
Auguste Comte : une science sciences sociales positive° Doctrine d'Auguste Comte selon laquelle l'expérience est le seul moyen de vérifier ses
connaissances et d'affirmer une vérité
Il est l’inventaire du mot «
Sociologie ». Il est aussi l’un des premiers à
avoir conçu la possibilité et la nécessité de créer une nouvelle science
sociale.
A. Comte est le fondateur du
Positivisme. Selon lui, toute acquisition de
connaissance doit se réaliser à partir de l’observation des faits pour en
déduire a posteriori l’élaboration d’une théorie. Autrement dit, l’observation des faits doit
précéder toute proposition théorique. Il s’oppose ainsi à ceux qui énoncent
des propositions théoriques sans les avoir préalablement confrontées aux faits,
c'est-à-dire l’expérience.
Remarques
·
Pour A. Comte, l’expérience
est l’origine de la connaissance scientifique.
·
Les sciences sociales ne deviennent exactes que lorsqu’elles sont
basées sur l’expérience.
·
Autrement dit, la prévalence de l’expérience donne lieu à une
science sociale objective.
·
L’expérience précède la théorie : c'est-à-dire pour établir une connaissance scientifique, il
faut commencer par l’expérience, car c’est elle qui constitue la raison d’être
de cette connaissance.
·
Emile Durkheim (1858-1917) : les faits sociaux comme des choses
La règle la plus fondamentale de sa méthode scientifique est de «
considérer les faits sociaux comme des choses ». C'est-à-dire pour étudier les
faits sociaux, il faut rompre°
(Mettre un terme à quelque chose) avec l’idée
qu’on s’en fait, il faut savoir qu’on ignore absolument ce qu’ils sont.
C’est aussi observer l’objet d’étude de façon impersonnelle ou
neutre. L’essentiel est d’étudier objectivement
les phénomènes sociaux.
Remarques
·
« Il faut
étudier les faits sociaux comme des choses », c‘est à dire pour produire une connaissance objective, le
chercheur doit se débarrasser de
l’ensemble de ses idées subjectives.
·
Le chercheur traite son sujet d’étude comme si c’était la première
fois qu’il le découvre.
·
Cette méthode suppose un
détachement émotionnel du sujet,
·
Aussi, le détachement émotionnel exige une distance établie entre le
chercheur et son objet d’étude.
·
Max Weber : neutralité axiologique et idéal type
D’après Weber, la « neutralité axiologique » exprime la nécessité
pour le chercheur de dominer ses implications subjectives en développant, sur
le plan scientifique, une attitude de rigueur intellectuelle, libre de toute
préférence pour tel ou tel résultat de ses études.
Weber affirme que la
vocation du chercheur est la
recherche de la connaissance
pour la connaissance. Ainsi, il parle d’une séparation stricte entre savoir scientifique et
jugement personnel.
Remarques
·
La neutralité axiologique est un principe scientifique inventé par
Max Weber pour expliquer les méthodes que le chercheur doit appliquer dans les
sciences sociales.
·
Pour Max Weber la gestion des émotions personnelles et, la distance
établie entre le chercheur et son objet d’étude sont des règles fondamentales
de l’objectivité scientifique.
·
Le chercheur est donc censé respecter ces règles pour produire une
connaissance scientifique.
· La connaissance pour la connaissance : c'est-à-dire, le seul objectif du chercheur est la vérité scientifique qui demeure la base de toute connaissance objective.
·
Karl Popper (1902-1944) : le principe épistémologique° (Discipline qui prend
la connaissance scientifique pour objet) de réfutabilité° (Démontrer
la fausseté d'une affirmation par des preuves contraires)
La réfutabilité définit la norme de la connaissance scientifique et
se présente comme le critère du caractère objectif de toute théorie
scientifique.
Karl Popper utilise la réfutation comme critère de
distinction entre les théories qui sont scientifiques et celles
qui ne le sont pas.
L'idée centrale de la pensée de Popper est que la démarche
scientifique est une démarche négative : le but de la
science est de montrer que les hypothèses proposées par les chercheurs sont
fausses et provisoires. Il s’accorde le droit d’affirmer que la science progresse
par essais et erreurs.
Remarques :
·
Selon la philosophie de Karl Popper, la réfutabilité est un
principe fondateur de l’objectivité scientifique.
·
Le principe de réfutabilité veut dire : l’étude scientifique
postérieure remet en cause l’étude scientifique antérieure.
·
Cette remise en cause renforce le caractère objectif des sciences
sociales en leur attribuant une dimension relative.
·
Pour Karl Popper le champ scientifique est ouvert car la
connaissance scientifique n’est jamais achevée. La connaissance scientifique a
toujours besoin d’arguments renouvelés.
o Les sciences sociales sont-elles
vraiment scientifiques ?
La spécificité de l’objet des sciences sociales confirme le
caractère inexact de ces dernières.
En outre, le chercheur en sciences sociales est immergé dans un
réseau de relations sociales. En d’autres termes, pour le chercheur la
difficulté essentielle est sa propre familiarité sociale avec son objet d’étude.
Ce dernier porte sur l’Homme et la société.
Ainsi, l’implication du chercheur dans la vie sociale l’éloigne de
la réalité objective du sujet observé.
Remarques
·
La grande difficulté des sciences sociales est qu’elles agissent sur
une réalité sociale fluctuante et insaisissable.
·
Il en résulte que les sciences sociales ne produisent que des
idées relativement scientifiques,
susceptibles d’être invalidées dans tels ou tels cas sociaux.
·
L’incapacité de contrôler les résultats conduit à l’échec des
démarches explicatives adoptées par les sciences sociales.
·
En réalité, ces démarches n’ont pas rencontré le même succès qu’avaient
connu les méthodes des sciences exactes.
·
En fait, les sciences sociales contiennent des éléments
qui témoignent de leur inexactitude. Il s’agit ici de deux éléments essentiels
:
1.
La nature de leur objet :
fluctuant et insaisissable.
2.
L’implication du chercheur
dans la vie sociale : il est à la fois chercheur et acteur social.

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