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Introduction aux Relations Internationales

Cours de Relations Internationales - Semestre 1

Relations Internationales

Semestre 1 • Filière « Droit en Langues Française »

Séance 1 : Éléments Introductifs

Traditionnellement, les relations internationales (RI) sont considérées comme un ensemble de liens, de rapports et de contacts qui s’établissent entre les États et qui relèvent de la politique étrangère de ces derniers. Cette conception tient compte des diverses formes et dimensions (conflit, coopération, politique, économique, culturel). Elle exclut toutefois les forces transnationales et les courants d’idées.

Définition globale : Les RI peuvent ainsi être définies comme l’ensemble des relations et communications susceptibles d’avoir une dimension politique et s’établissant entre des groupes sociaux en traversant les frontières.

Le champ des RI a pris au XXe siècle une importance croissante en raison d'un processus de mutations :

  • Croissance des échanges : Diversification remarquable sous l’effet de la modernisation et de la révolution industrielle, stimulée par le développement des réseaux de communication.
  • Révolution technologique : Création de systèmes d’armements menaçant l'humanité entière, donnant aux conflits une importance sans précédent.
  • Globalisation : Une mondialisation des relations internationales où le cadre même d'interaction a acquis une dimension mondiale.

L’étude des RI s'est autonomisée dès l'entre-deux-guerres, passant de la simple histoire diplomatique à l'intégration de la sociologie, la psychologie et l'économie. Sous l’influence des changements profonds (décolonisation, écologie, migrations), elle s’est ouverte à de nouvelles dimensions (intégration régionale, problèmes socio-économiques).

Les grandes conceptions des RI

L’étude des RI est caractérisée par l’absence d’un cadre théorique unique. On s’accorde à reconnaître l’existence de 3 grandes conceptions en interaction : la vision réaliste, le paradigme de l’interdépendance, et le paradigme de l’impérialisme.

Le réalisme contemporain émerge comme un rejet de la vision idéaliste née après la 1ère Guerre mondiale (visant la paix par le droit, la morale, la démocratie et la SDN du président Wilson).

La vision Réaliste : Représentée notamment par Hans Morgenthau et Raymond Aron. Pour eux, le système international est anarchique (absence d'autorité supérieure). Le comportement des États est mû par la recherche de l’intérêt national exprimé en termes de puissance.

  • Morgenthau : La politique internationale est un effort pour accroître sa puissance.
  • Raymond Aron : Met l'accent sur la légitimité du recours à la force. L'état de nature règne entre les États.
  • Néoréalisme : Kenneth Waltz souligne la structure horizontale et anarchique continue. Joseph Nye introduit les concepts de Soft power, Hard power et Smart power.

Ce courant met l’accent sur la coopération et considère que le modèle strictement conflictuel est dépassé. La modernisation, la technologie et les échanges ont tissé un réseau complexe d'interdépendances.

L'État ne peut plus satisfaire seul les exigences économiques et sociales, ce qui ouvre la scène aux acteurs transnationaux (ex: multinationales) et aux organisations internationales. La distinction entre politique interne et étrangère s'estompe (ex: thèses fonctionnalistes de David Mitrany).

S’inspirant de la vision marxiste (Lénine, Rosa Luxemburg), ce paradigme considère le système international comme l'expression des contradictions du capitalisme. La quête de matières premières et d'investissements génère l'impérialisme et la guerre.

Les néomarxistes (Samir Amin, A. Gunder Frank) montrent que le sous-développement du Tiers Monde est dû à l'exploitation par le Centre d'une Périphérie, imposant une situation de dépendance asymétrique structurée.

Chaque paradigme éclaire une dimension, mais aucun n'explique la totalité :

  • Le réalisme sous-estime les acteurs non étatiques et l'économie.
  • L'interdépendance masque parfois la nature asymétrique des relations de pouvoir sous couvert de coopération technocratique.
  • La dépendance pèche par réductionnisme économique, ignorant souvent les facteurs culturels et politiques.

Aujourd'hui, une vision complémentaire est nécessaire pour appréhender un monde fait à la fois d'harmonie et de conflit, intégrant la diversité des perceptions au-delà d'une vision occidanto-centrique.

Les acteurs des Relations Internationales

Un acteur est toute entité dont l’action dépasse le cadre des frontières d’un État et jouit d’une certaine autonomie (à ne pas confondre avec les facteurs comme la démographie ou la géographie). Si pour Hobbes l'État est l'unique acteur, la réalité moderne est plurielle.

Éléments constitutifs : Pouvoir souverain, Territoire, Population, et Reconnaissance internationale.

Malgré le principe d'égalité juridique, il existe une forte stratification hiérarchique de fait :

  • Les Superpuissances : (États-Unis) Capacités de destruction massive, influence globale, invincibilité isolée.
  • Les Grandes Puissances : Influence régionale forte (ex: les BRIC - Brésil, Russie, Inde, Chine).
  • Les Puissances Moyennes : Influence limitée à leur environnement immédiat.
  • Les Petits États & Micro-États : Capacité très faible d'influence.

Associations d’États créées par accord et dotées d'organes permanents (ex: ONU, OTAN, Union Européenne). Nées au XIXe siècle pour répondre aux besoins techniques (Postes, Télégraphe), elles se sont multipliées.

Elles ont trois fonctions potentielles :

  1. Instrument de politique étrangère pour les États.
  2. Élément structurant le système (production de normes).
  3. Acteur autonome (dans certains cas techniques comme l'OMS ou l'UNESCO).

Elles assurent souvent une stabilisation du système, oscillant entre le maintien du statu quo et l'intégration prudente du changement (ex: décolonisation).

Structures privées à but non lucratif agissant à l'international (Amnesty International, Greenpeace). Elles marquent une rupture avec le monde interétatique car leurs membres sont des privés.

Elles influencent souvent via l'opinion publique et revendiquent parfois un "droit d'ingérence" humanitaire ou environnemental au nom de valeurs éthiques universelles.

Entités à but lucratif implantées dans plusieurs pays mais avec un centre de décision unique. Elles jouent un rôle économique majeur, mais peuvent aussi exercer une diplomatie privée (influence politique) ou servir les intérêts géopolitiques de leur État d'origine.

  • Les Mouvements de Libération Nationale : Luttent pour créer un État (ex: OLP). Ils cherchent une légitimité diplomatique internationale.
  • Collectivités Locales / Régionales : "Diplomatie sous-nationale" où des régions ou grandes villes interagissent directement à l'international (ex: bureaux du Québec à Paris).
  • Acteurs de l'ombre : Réseaux terroristes ou organisations criminelles mondiales opérant parfois depuis des failed States (États faillis).

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